Démocratiser la culture à Plaine Commune, Ou comment la rendre accessible à tous ?

Photo prise par Sarah Ayoub à Plaine Commune

La culture et l’éducation sont deux éléments clés pour assurer un développement urbain équilibré sur tous les  niveaux. En effet, leur présence est primordiale, dans le sens où elle favorise une diversification économique  et une multiplicité d’offre d’emploi. De plus, ces deux critères éveillent la population urbaine aux questions de l’environnement et du développement durable. Par ailleurs, la loi MAPTAM[1] a défini des objectifs pour les métropoles, notamment la Métropole du Grand Paris, et ce pour développer plusieurs secteurs dont la culture. Effectivement, Plaine commune multiplie d’effort pour développer l’expression de la culture sur son territoire.  Cependant, la décentralisation de l’Etat et la loi NOTRe[2] on fait que les collectivités ont la liberté de s’engager dans le domaine de la culture ou pas et ce à différentes intensités. Ceci étant dit, la concentration de l’évènementiel au cœur de Paris, a fait de la Plaine commune un territoire moins attractif  au niveau des activités culturelles et artistiques.  La communauté des agglomérations paraît alors isolée face à ces évènements, et peu de gens s’y rendent pour ce genre d’activités, et il est vrai que certaines villes de Plaine Commune, se sont engagées dans une politique culturelle, mais il est clair également qu’il y a une disparité dans l’accès à la culture et ce dépendant des communes.

En effet, les journalistes Ariane Singer et Christine Rigollet ont mentionné ce problème de  manque d’accessibilité, en parlant de Saint-Denis : «Le défi majeur ? attirer un public peu habitué à fréquenter les « institutions » »[3]  de plus, dans un autre article pour Les Echos, Laurence Albert avance l’avant-propos suivant « Plaine Commune rêve de transformer la friche de la Courneuve. La maison de la culture  du département y lance sa nouvelle saison et le centre Pompidou serait intéressé »[4], montrant qu’il y a une envie de développer la culture et l’homogénéiser. Cependant, L’un des enjeux les plus importants auquel le problème de disparité culturel fait face, est le manque de « proximité » de l’offre culturelle, s’ajoute à ceci la coopération entre les différents acteurs responsables dans la mise en œuvre de la politique culturelle.  La disparité de la culture sur le territoire de plaine commune relève d’un manque d’infrastructure culturels, de plus, la culture est mal exprimée dans certaines communes, et les citoyens n’y ont pas facilement accès. Ainsi, on parle « d’urbanisme d’austérité », dans le sens où on trouve pleins d’endroits vides et délaissés, qui suscitent un sentiment d’abandon et « facilitent les comportements déviants »[5]. Il s’avère donc nécessaire d’adopter une stratégie culturelle équitable et innovante dans tous les territoires de Plaine commune ce qui va bénéficier les habitants de la communauté d’agglomération et notamment les jeunes. Car, sans doute il y une concentration de créativité et de potentiels en ville peu exprimés jusqu’ici et ce à cause des inégalités culturelles.

Des méthodes innovantes pour démocratiser la culture

  1. Repenser la façon de gouverner (incitation règlementaire) :

Dans le rapport qu’ils ont publié en 2013, « How to make a city great »[6] McKinsey & Company, ont déduit après des études et des statistiques faites sur la façon dont les élus ou les maires du monde, gouvernent la ville, qu’il faut adopter une stratégie de « smart growth ». Cette stratégie consiste à créer un parfait équilibre entre la politique du bottom-up et du top-down, tout en favorisant un dialogue entre les différents acteurs impliqués dans la prise de décision d’une politique publique. Par exemple, La Fabrique du Clos à Stains, est le parfait projet pour illustrer cet équilibre entre acteurs. Effectivement, Plaine commune avec la régie du quartier (quartier du clos à Stains) ont sollicité Bellastock (association spécialisée dans le recyclage urbain, sites des construction etc., …) pour travailler avec les habitants du quartiers afin de réemployer les matériaux de sites de constructions dans des projets comme la création de mobiliers urbains. Ce projet s’est montré très bénéfique pour les habitants du quartiers, qui ont appris de nouvelles façon d’aborder le développement durable en ville, et ce en participant explicitement à la fabrique de leur Ville. Cette incitation réglementaire s’avère donc  une méthode intéressante, q pouvant être efficace dans une autre ville de Plaine Commune tel que Saint-Denis.

  • Occuper les Non-lieux

Le manque de financement des collectivités de la part de l’Etat coïncide avec un manque d’infrastructure culturelle dans les villes de Plaine Commune. Pourtant, ces dernières bénéficient d’un grand nombre de bâtiments délaissés qui pourraient être transformés en lieux de culture, ou en des centres sociaux où les habitants peuvent se rassembler afin d’établir des échanges sur des thématiques artistiques et culturelles. Ceci en ai le cas dans les ateliers 6B (lieu de création et de diffusion pluridisciplinaire) à Saint-Denis, et également la Villa mais d’ici à Aubervilliers.

  • Une autre alternative, … :

Les stations de métro,  sont des endroits où se concentrent certains comportements déviants. En effet, imposer la culture dans de tels lieux va inciter les habitants à penser de manière différente. Nous citons ici, l’exemple de culture dans les stations de métro, mis en œuvre à Montréal[7], où une panoplie d’œuvre d’arts ont été exposées. Ceci pourrait être le cas dans certaines stations de métro qui débouchent vers Plaine commune. Ainsi, d’une part ceci attirerait les gens vers les 9 communes de Plaine Commune, et d’autre part cela permettrait une meilleure visibilité des artistes de la communauté d’agglomération pour un public nouveau.


[1] LOI n° 2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (voir annexe)

[2]  https://www.lagazettedescommunes.com/381313/loi-notre-et-politiques-culturelles-les-analyses-du-politologue-emmanuel-negrier-avignon2015/

[3] Le point, la ville au banc d’essai, spécial Saint-Denis, Ariane Singer et Christine Rigollet. 

[4] Les Echos, La friche Babcock met le cap sur la culture, Laurence Albert.

[5] Repenser les politiques urbaines, Retour sur 20 ans d’actions publique dans les villes françaises ; P.274

[6] Bouton, S., Cis, D., Mendonca, L., & Pohl, H. (n.d.). How to make a city Great (pp. 9–20). McKinsey & Co.

[7] Saez, J.-P. (2008). Les grandes villes et la culture: Des enjeux croisés. Observatoire Des Politiques Culturelles | «LObservatoire», 16 à 20.

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